Mardi 6 mai 2 06 /05 /Mai 02:17

 

 

     2H00 du matin. Heure propice aux divagations, ce n'est plus à prouver, je ne vous apprends rien, et vous êtes à cet instant en droit de penser: "si c'est pour nous servir ce genre de tirade emobaudelairienne de suicido-dépressif poète de Médeux, tu aurais mieux fait de garder la tête dans tes animations et dans les croquettes de ton chat; en un mot: il ne fallait pas venir nous emmerder avec tes histoires".

Mais comme je nourris le secret espoir d'étayer un peu cette affirmation populaire dans la suite de mon propos, vous seriez bien adorables de me laisser cette opportunité. Asseyez-vous confortablement, restez debout pour ceux qui préfèrent, mais quoi qu'il en soit tenez-vous la main et tentez de ne pas vous égarer dans le nuage de poussière qui a envahi les tréfonds de mon blog cette année durant laquelle je n'ai absolument rien posté.

 

 

A deux heures du matin donc, on pense, et souvent à des trucs idiots. Mais au milieu de toutes ces questions inutiles ("est-ce j'ai bien pensé à racheter du papier aluminium chromé recyclable double épaisseur ?", "La langue, finalement, c'est bien dans le sens inverse des aiguilles d'une montre ?", "si "pré" est un préfixe qui signifie "devant", et sachant qu'on appelle la peau autour du gland un prépuce, cela signifie-t-il qu'on nomme aussi le gland "puce" ?"), certaines passent la frontière des interrogations futiles et s'élèvent au rang de questionnement potentiellement intéressant.

Bien souvent, on arrive alors dans la zone dite de la Remise en Question Existentielle (RQE), dont la porte d'entrée devrait, si le monde était honnête, être ornée de ces mots: "Zone à risque, vous y serez seul, démuni, sans personne pour vous rassurer ou vous tirer de vos élucubrations, avec un fort risque de vous abandonner à la dépression nocturne, celle qui consiste à fixer intensément son plafond en soupirant et en priant pour dormir vite, vite, VITE."

 

Mais bien entendu, malgré tous les dangers de la zone RQE, que vous connaissez par coeur tant vous avez longé ses frontières, pénétré ses terres et exploré ses ravins, vous y entrerez quand même. Un peu comme quand on vous demande si vous voulez manger mexicain, et que vous répondez oui, même si les cent douze fois précédentes vos repas exotiques se sont soldés par un abonnement renouvelable au Smecta.

Vous y entrerez, donc, avec l'espoir secret de comprendre un tas de choses intéressantes sur vous, de solutionner vos quelques petits problèmes, de résoudre enfin ces schémas dans lesquels vous retombez tous le temps; peut-être juste, en fait, cherchez-vous le moyen de grandir. Vous fouillerez dans vos souvenirs, revivant toutes ces situations qui vous ont marqué plus sûrement qu'au fer rouge, interrogeant en pensée votre famille, vos exs et vos amis, ceux qui vous ont connu mieux que personne, qui ont vu vos défauts et vos traumas, qui vous ont mis le nez dedans et vous ont aidé à grandir. Vous chercherez des réponses à des questions que vous ne savez même pas poser, vous vous torturerez l'esprit pour, quoi en fait ? Le plaisir masochiste d'inventer des soucis quand il n'y a pas à se plaindre ? L'impression grandissante de donner de la profondeur à sa vie ? Combler votre âme de matheux qui n'en a pas assez de résoudre des problèmes la journée ?

 

Le pire, peut-être, c'est de s'apercevoir que tout ça est très chiant, pas pour vous mais pour les autres, ceux qui vous répondront toujours "mais quel besoin tu as toujours eu de te compliquer la vie pour rien, oublie tout ça bordel, viens prendre une cuite et mater TF1". On se visualise en mamie Mireille qui saoule toujours tout le monde aux repas de famille avec son chien "qui a une diarrhée permanente et je comprends pas pourquoi", ou encore en tous ces gamins chiants qui viennent tirer ta jambe de pantalon en braillant "eh oh eh t'as vu eh eh eh dis eh je me suis coupé avec une feuille eh dis eh eh t'as vu eh". Personne n'a envie d'être chiant. Etre chiant c'est prendre le risque de ne pas être bien accepté socialement, et pire, être triste c'est potentiellement être montré du doigt de loin, "t'as vu lui, il a des problèmes dans sa tête", et les gens qui sont tristes, personne n'a envie de leur compagnie, parce qu'elle est triste, elle aussi.

 

 

Alors on essaie de dormir, parce que c'est chiant d'avoir des problèmes nuls (cette phrase a tout à fait sa place au palmarès des formules toutes faites telles que "ça fait du bien de manger" ou "on est bien, au chaud", je ne vois pas qui peut contester cette affirmation, à part peut-être un poulet dans un four, et encore)). On remet à plus tard, on se persuade que ça ne compte pas, que c'est de la branlette psychologique. Mais les questionnements, à la façon des morpions, c'est tenace. Et puis ca vous accompagne partout et se rappelle à vous, comme un enfant, ou plutôt une mauvaise grippe (entre nous, franchement, y a-t-il des "bonnes" grippes ?) : dans votre lit, le matin dans le bus, le midi à la cantine, en soirée dans l'alcool et j'en passe.

Une grippe (ou un enfant, voyez ce qui vous parle le mieux), ça ne disparaît pas quand on l'ignore (enfin, pour les enfants, au final, j'en sais trop rien). Alors, n'ayons plus crainte de nous enfoncer dans les eaux troubles de la zone RQE. Prenons le risque d'être jugé, moqué, fui, étiqueté "relou", crucifié sur l'autel des "pas marrant". Tentons par dessus tout de répondre à nos propres questions, d'écouter nos doutes, d'affronter nos remises en question, en gardant l'espoir de grandir. Car être épanoui, serait-ce seul dans sa tête, vaudra toujours mieux, à mon sens, qu'un sourire feint au milieu d'une foule de gens.

 

 

 

Personnellement, j'ai enfin sommeil.

 

 

 

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l'esprit !

 

 

 

 

 

 

 

Par La fille du café d'en face
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Samedi 31 août 6 31 /08 /Août 05:13

 

 

Je viens ici parler d'un problème qui me touche et dont je suis sûre je ne suis pas la seule à souffrir.

Normalement, si vous lisez ceci, vous êtes quelqu'un de bien (ouais, il n'y a que des gens biens qui viennent sur mon blog), et comme vous êtes quelqu'un de bien, il arrive parfois, quand il fait beau, ou quand ils ont bu, au choix, que vos congénères aient subitement envie de vous adresser la parole, voire de converser avec vous. A cela, rien de mal: c'est dans l'échange avec son prochain que l'on trouve sa voie (ou alors en regardant sur le panneau des départs à l'entrée de la gare).

Cependant, il peut arriver, certaines fois, (parce qu'il fait moche, parce que vous sortez d'un rendez-vous gynécologique, parce que vous êtes au beau milieu d'une gastro-rhino-pharyngo-otite-pulmonaire-bronchiofaciale, ou simplement parce que, au fond, vous n'en avez pas grand chose à foutre), que vous éprouviez quelques difficultés à accorder de l'attention aux propos (fort intéressants, probablement, mais plutôt dans une autre vie) de votre interlocuteur.

Mettons. Vous êtes là, tranquille, assis dans le bus / à votre poste de travail / au repas de famille / à une terrasse de bar / à un enterrement [liste non exhaustive, dont la suite ne dépend que de l'imagination des lecteurs], à ne penser à rien d'autre qu'à la manière dont vous allez procéder pour vous gratter discrètement l'entrejambe sans trop qu'on vous remarque, parce que ouais ça se fait pas il paraît mais bordel des fois, ça fait du bien, arrête de mentir tu le fais aussi.

Et là, c'est le drame. Votre voisin, ou n'importe qui d'autre, se tourne vers vous d'un air inspiré, ignorant votre regard implorant qui hurle "non, s'il te plaît, j'ai pas envie de parler, en réalité je préfèrerais ingurgiter une choucroute au vomi que d'entamer une discussion avec toi là tout de suite maintenant", et lance gaiement une accroche verbale au sujet de la météo / les horaires de bus / sa cousine au troisième degré du côté de son oncle guitariste / ses verrues plantaires / un truc qui le concerne et dont tu te fous complètement.

T'essaies vraiment de lui faire comprendre, tu adorerais être capable de le regarder droit dans les yeux en lui disant "j'ai dit: pas maintenant", tu tournes mille fois ton désintérêt dans ta bouche et dans ton cerveau sans jamais parvenir à l'exprimer. Alors tu passes au plan B. "Hon-hon", "mmh mmh", "ah ouais ?", "non, vraiment ?" deviennent les uniques marques de ton manque flagrant de participation, et visiblement ton interlocuteur ne comprend pas les signaux que tu lui envoies puisqu'il poursuit avec le même entrain. Et oui parfois le mode automatique ne suffit pas.
Le sentiment de détresse qui t'envahit à l'instant est comparable à celui ressenti par un lapin pétrifié devant les phares d'une voiture. Généralement, c'est le moment où on comprend que non, rien à faire, il va poursuivre inexorablement sa litanie, alors on passe au plan C, on cherche de l'aide alentour, on essaie de capter le regard d'un tiers, ou d'un quart, en lui envoyant un S.O.S en morse en clignant des yeux.

Si le plan C ne fonctionne pas, se barrer en hurlant DIGUIDIGUIDIGUIDIIIIII en se bouchant les oreilles est une alternative qui a le mérite d'être suffisamment explicite pour qu'on ne vienne pas vous parler durant les vingt prochaines années. Quand je dis "on" cela inclut l'ensemble des gens ayant assisté à la scène (que ce soit de visu ou au JT de vingt heures). Cela annihile également tout espoir de reproduction, si toutefois vous en aviez. (mais pour certains au final ce n'est pas vraiment dommage).

 

 

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Par La fille du café d'en face
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Vendredi 14 juin 5 14 /06 /Juin 23:09

 

        Il y a eu les Huns, il y eu Gengis Khan, il y a eu Cortès, et puis dans la série des colonisateurs, on a désormais cette abomination qui a envahi la quasi totalité de nos magasins (et le corps de 70% de la population féminine à tendance "mauvais goût") en ce début d'été. J'ai demandé "mais pourquoi ?", on m'a dit "c'est la mode". Après demande à une vendeuse, ça porte un nom il paraît: couleur corail.

 

Couleur corail. Je me demande honnêtement qui, du taupe, du bleu canard ou du corail, est classé le plus loin sur l'échelle de la vomissure esthétique. Qui aurait pu deviner un jour que s'habiller en jambon serait considéré comme "in" ?

 

Mais c'est le diktat de la mode mon enfant. Elle te ferait porter n'importe quoi, pourvu que ça te donne l'air cool en société, pourvu que tu te sentes noyé, ou intégré, si tu préfères, dans une masse informe, ou plutôt uniforme, sans identité. On te dit ce qui est beau, ce qui est chic, ce qui est cool, et ce qui ne l'est pas, combien de temps ça le reste, et à quelle période ça l'est. Tu accueilles ces décisions divines les bras ouverts, mais attention, c'est pas rien ma jolie, ça vient de New York.

 

Il y a des gens dans ce monde qui s'octroient... pardon, à qui nous octroyons le droit de décider aujourd'hui de ce que nous allons vouloir demain, et tristement, ça n'a pas l'air de déranger la majorité. Nous sommes des moutons, des suiveurs, des adeptes de la mode, et notre propre désir ne nous appartient plus: ils nous imposent le leur. On leur cède notre libre-arbitre en échange, non pas d'un objet, mais du statut social qu'il confère (je comprends mieux le prix).

 

Suivre la mode, c'est une tentative désespérée (désespérée, parce que j'ose imaginer que lorsqu'on en arrive à ça, c'est qu'on croit avoir épuisé toutes les solutions) de s'intégrer dans un monde qui juge sur l'esthétique (enfin, esthétique... On parle quand même d'un monde qui vous dit que porter du jambon est tendance). Dans une société qui a perdu l'habitude, ou l'envie, de dépasser les apparences, le physique est un critère déterminant pour: se faire des amis / choper en boîte / trouver du taf / [insérez ici toutes les situations possibles, elles sont toutes envisageables].

Et comme au fond, on ne sait pas nous-mêmes ce qui est bien ou pas, il est normal alors qu'on nous impose des critères communs de discrimination, pour mieux diviser la population, pour mieux créer des clans dont le seul point commun est parfois l'uniforme.

 

 

C'est ça. En fait, la mode, c'est juste un uniforme.

 

 

 

 

NB: Combats la mode en vomissant sur toutes les fringues couleur corail à partir de demain (c'est déjà un début !)

 

 

 

Cet article a été rédigé à grands renforts de 99 Francs.

 

 

 

Par La fille du café d'en face
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Dimanche 17 mars 7 17 /03 /Mars 17:32

paté

 

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Par La fille du café d'en face
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Lundi 11 mars 1 11 /03 /Mars 19:57

 

Outre le fait que je poste peu / rarement / jamais et que pour cela j'éprouve le besoin urgent de noyer mon âme dans de l'urine de chamois pour me punir; outre le fait que j'ai cassé un oeuf dans mon sac de courses en les faisant et que ça a tout taché; outre le fait que je rentre de vacances et que je sois accueillie par un partiel imprévu en première heure: il y a une chose qui m'indigne plus que tout ça réuni. Je veux parler ici de... Non. En fait je ne vais pas le dire immédiatement, de peur de vous voir fuir à toute jambes en braillant que je suis une relou vieux jeu qui n'a rien compris au monde moderne.

 

Alors je vais amener le sujet doucement.

 

Je prends le métro, car j'ai un rendez-vous et je suis en retard, mais c'est un détail donc en fait, on s'en fout, je me retrouve collée à tous plein de gens (mélange de sueur, tout ça), sûrement tous en retard également, étant donné l'ambiance crispée environnante (mais je parlerai dans un autre article de ce lieu tout simplement vide de toute trace de joie qu'est le métro).
Au bout d'un moment, ô joie, je trouve une place assise, je m'effondre et pour occuper mon temps, décide d'observer ce qui m'entoure (on pourrait appeler ça un début d'étude sociologique, mais en fait c'est juste une recherche d'inspiration).

A commencer par la petite fille de sept ans qui est assise en face de moi, avec son petit frère à côté. Les deux gamins se taquinent, se chamaillent, ils se racontent des blagues, tout ça, c'est trop mignon-choupi ! Non je déconne, en fait la gamine a les yeux rivés sur l'Ipad qu'elle tient entre ses mains et le deuxième la regarde jouer. Et c'est pas du tout mignon-choupi.

 

Normal non ? Bah ouais. Aujourd'hui, à l'heure actuelle, là tout de suite, ouais. C'est normal d'avoir sept ans et un Ipad.

A trois ans tu joues à la DS, à sept tu passes tes journées devant ta play et tu connais chaque réplique de GTA, même les insultes et les cris de jouissance de prostituées que ton personnage fréquente assidument, dans le jeu c'est permis alors pourquoi s'en priver. A dix ans tu t'inscris sur Facebook, t'as trop la classe avec ton Ipod, ton Ipad, ton Iphone, ton I-mec et tes I-clopes; à douze tu connais mieux le web que ta table de quatre et à quinze... A quinze, t'as plus d'envie, plus de vie, la dernière fois que t'as joué à un jeu de société c'était sur l'écran bien calibré de ton nouveau smartphone; t'as oublié quelle sensation ça fait de s'allonger dans l'herbe et juste profiter du soleil; un livre, vous dites ? Connais pas.

 

Ton esprit fragmenté, défiguré par le zapping permanent, est incapable de se concentrer plus d'une seconde. Les yeux rivés sur ton portable, la main sur une souris qui t'assure la connexion permanente avec tout le monde, et surtout personne, grâce au Dieu Facebook, qui voit tout, sait tout et n'oublie jamais rien, tu payes ton forfait "Nouvelles technologies" avec tes neurones.

Mais quelle importance, maintenant qu'on sait en fabriquer artificiellement ?

 

Et puis, merde, c'est vieux jeu et pas marrant de critiquer la nouvelle génération, qu'on laisse un peu tranquille ces pauvres gamins qui auront oublié (car même pas connu) l'époque lointaine où on jouait au Poker avec des cartes dans nos mains, et pas nos doigts sur des écrans, l'époque où, enfants, on s'intéressait plus à la nature qu'aux nouvelles technologies. L'époque où on faisait autre chose de plus intéressant que passer sa vie sur Internet.
C'est pas leur faute, c'est celle de leurs parents qui ont cédé. Ou de la pression sociale.

 

 

C'est la génération qui a le réflexe de penser à sauvegarder avant de faire un choix.

La génération CTRL Z.


Merde, j'en fais presque partie.

 

 

 

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Par La fille du café d'en face
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